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Une entreprise qui fait son chemin

REVUE INDUSTRIE & COMMERCE - SEPTEMBRE-OCTOBRE 2021

 

Michel et Guylaine

Pionnier dans le domaine de la réhabilitation de chaussée au Québec. Michel Bellerose a fondé ACI en 1998 avec l’aide de son épouse Guylaine Filot.

 

Moi, c’est dans ma nature; je veux que les gens qui m’en ­tourent soient heureux. Je veux des employés qui sont con­tents de venir travailler le matin, qui sentent que leur travail est im portant. Je veux aussi voir des clients qui nous félicitent pour notre travail, qui sont satisfaits parce que nous avons trouvé une solution à leur problème. C’est aussi important pour moi que le bénéfice à la fin de la job. »

Michel Bellerose est un pionnier dans le domaine de la réhabilitation de chaussées au Québec. Fondée en 1998 à Joliette, son entreprise Action Construction Infrastructure (ACI) est un partenaire incontournable dans la restauration des infrastructures routières au Québec. « J’ai démarré cette entreprise dans mon salon avec mon épouse; c’est elle le vrai chef d’entreprise », raconte l’homme d’affaires, toujours prêt à accorder du mérite à sa conjointe Guylaine Filot pour son rôle crucial dans l’essor de la compagnie au fil des ans.

« On s’améliore constamment ici, explique le dynamique entrepreneur. Quand les normes ISO sont arrivées dans l’industrie, on était déjà dans cet esprit-là. » Chaque année, ACI profite de la saison hivernale pour réviser ses procédés et les améliorer si possible. « Quand survient un problème, on ne fait pas juste le régler. On va chercher à savoir pourquoi c’est arrivé et quelle procédure on pourrait mettre en place pour ne pas que ça se répète », poursuit le fondateur, qui a confié il y a quelques années les activités quotidiennes au directeur général, Jim Thellier. « J’ai eu la chance de rencontrer en la personne de Jim Thellier quelqu’un qui partage mes valeurs et qui peut ainsi poursuivre et améliorer mon œuvre », explique M. Bellerose.

Au printemps, avant que les chantiers ne reprennent sur les routes, tous les employés sans exception, du plus expérimenté au nouveau venu, suivent une formation sur les procédures de travail, l’entretien de la machinerie, les ressources humaines, les communications, etc. « Nous sommes une entreprise très organisée, affirme Michel Bellerose. J’ai travaillé beaucoup pour que nos procédures de travail soient uniformes dans tous nos services. Quand le client demande un prix et que la job est finie, il n’y a pas de surprise. »

Le secret du succès d’ACI réside aussi dans l’entretien constant de ses équipements. « Ça prend un parc de machines assez important pour être capable d’en réparer et en même temps de poursuivre les chantiers avec les autres. Ce sont des jobs très difficiles pour les équipements », raconte l’entrepreneur.

 

Jim et pancarte ACI

Depuis quelques années, Michel Bellerose a délaissé les activités quotidiennes de l’entreprise, qui sont assurées depuis 2013 par le directeur général Jim Thellier.

ACI, l’innovateur

Dans l’industrie de la réhabilitation des chaussées au Québec, ACI a développé de nouveaux procédés qui sont encore utilisés aujourd’hui. Au début des années 2000, le train de recyclage, qui consiste à retirer l’asphalte, à le concasser et à l’enrober avec du bitume avant de le reposer, était un procédé qui n’était pas sans défaut. « Ça donnait un  matériau fragile, car il était compacté alors qu’il contenait encore beaucoup d’eau. Ça finissait par créer des ornières au passage des voitures et ça demandait donc un délai avant que la circulation puisse reprendre », explique Michel Bellerose.

Après avoir longuement réfléchi et testé divers procédés avec différents équipements, l’ingénieur trouve la recette parfaite. « L’idée, c’est d’injecter le bitume au début du procédé et non à la fin comme ça se faisait traditionnellement. Ça donne un matériau qui est assez lubrifiant pour être compacté et qui a déjà perdu une bonne partie de son eau pendant le procédé. Une heure après qu’il soit posé, les autos peuvent circuler dessus. »

ACI a également innové en développant une façon de recycler l’asphalte contenant de la fibre d’amiante. Lorsque ces chaussées doivent être renouvelées, la procédure habituelle est de les retirer avec une grande précaution, de les déposer dans de grands sacs hermétiques et de les transporter vers des sites d’enfouissement spécialisés. « Une opération très dispendieuse, explique Michel Bellerose, qui a proposé une solution au ministère des Transports du Québec.

Au moyen d’une technique qui réduit au maximum la poussière durant les opérations et d’un équipement de protection pour les ouvriers, le procédé développé par ACI permet de réutiliser ces fraisats amiantés pour fabriquer un enrobé pouvant servir de matériau pour la fondation de la route. « On fait ainsi d’une pierre deux coups. On évite d’acheter de la pierre neuve, puis en même temps, de payer pour envoyer le matériau dans les sites d’enfouissement. Quand la technique est utilisée de cette façon, la réutilisation du matériau en sous-fondation peut représenter des économies pouvant aller jusqu’à un million de dollars par semaine pour le ministère des Transports du Québec, selon les chantiers », souligne avec fierté l’ingénieur. À ce jour, l’entreprise de Joliette a permis au Ministère de profiter de cette technologie sur plusieurs chantiers.

 

Un parcours atypique

À la tête d’une entreprise de près de 70 employés avec un chiffre d’affaires avoisinant les 15 millions de dollars, Michel Bellerose a connu un cheminement hors-norme.

Cet entrepreneur chevronné est un ancien décrocheur qui a abandonné l’école à l’adolescence. Il est par la suite revenu terminer son secondaire à l’âge de 30 ans, puis il a obtenu son diplôme collégial en sciences pures et son diplôme universitaire en génie civil à Polytechnique Montréal.

« J’étais un peu rebelle, mais je suis quelqu’un qui a toujours lu et qui s’est tenu informé, confie l’homme de 66 ans. J’ai fait plusieurs petits boulots, notamment de la plongée sous-marine, mais après être devenu père à 26 ans, je me suis dit que je devais trouver de la stabilité pour l’avenir de ma fille. »

À l’université, Michel Bellerose se dirigeait vers la biomécanique, mais il a bifurqué vers le génie civil après avoir entendu le ministre des Transports de l’époque dire que des milliards de dollars allaient être investis dans le réseau routier au cours des 20 prochaines années. « À partir de là, je me suis mis à suivre tous les cours optionnels en rapport avec les chaussées et le recyclage. »

Les germes d’ACI étaient alors posés…

 

L’offre de services d’ACI

Planage standard : cette technique consiste à enlever une épaisseur prédéterminée de l’enrobé bitumineux de la chaussée avec un fraisage à froid; ensuite, il suffit d’étaler une épaisseur uniforme d’enrobé bitumineux pour reconstituer la couche de roulement.

Planage fin : ne nécessitant aucun pavage subséquent, le microplanage est une méthode tout indiquée pour assurer une plus grande longévité de la couche de surface. Il s’agit d’effacer les ornières en retirant une épaisseur restreinte (entre 0 et 30 mm) d’enrobé selon la profondeur des ornières tout en redonnant une adhérence sécuritaire.

Planage d’enrobés amiantés : le planage d’enrobés contenant de l’amiante est une technique spécialisée, car toutes les précautions relatives à la santé des travailleurs et des citoyens doivent être prises.

Recyclage à froid : le recyclage de l’enrobé bitumineux en place est à ce jour une solution qui permet d’atteindre l’équilibre visé entre les techniques novatrices, le coût d’entretien et les impacts environ­nemental et sociétal. À ce jour, ACI a pratiqué cette méthode à plus de 70 endroits pour un total de plus de 400 kilomètres de chaussées.

Pulvérisation : la pulvérisation est une technique pour reconstituer la couche granulaire à partir des matériaux existants. Pour ce faire, on pulvérise l’épaisseur de l’enrobé bitumineux tout en le malaxant avec une épaisseur donnée de la fondation en place.

Stabilisation : le retraitement de type II est un procédé de réhabili­tation et de renforcement d’une chaussée très dégradée. En utilisant les matériaux en place, cette intervention permet de stabiliser et d’homogénéiser la couche de fondation à l’aide d’une injection de liant bitumineux.

 

 

ACI est le spécialiste en réhabilitation des routes et planage routier au Québec.